Pénurie de main-d’œuvre en entretien ménager

Pénurie de main-d’œuvre en entretien ménager : il faut revaloriser la profession !

Le manque de main-d’œuvre cause plusieurs difficultés aux entrepreneurs québécois, et ce, dans toutes les industries de première ligne, telles que le transport, l’hébergement, la restauration, la construction et le commerce de détail.

En effet, depuis 2004, le taux de postes vacants a doublé au Québec, passant de 2 % à 3,9 %. La province se trouve donc au premier rang des plus touchées par la pénurie au Canada.

En entretien ménager et en hygiène du bâtiment, le problème est criant. Des centaines de postes sont à combler pour assurer la salubrité des hôpitaux, des résidences, des centres commerciaux, des restaurants, des piscines municipales, etc.

Pourtant, ce domaine offre des conditions extrêmement avantageuses, en plus de nécessiter très peu de formation ; des avantages indéniables qu’il faut s’empresser de mettre de l’avant afin de valoriser la profession et d’attirer davantage de travailleurs.

Des normes équitables et bien régies

Les normes de l’industrie de l’entretien ménager sont régies par le Comité paritaire de l’entretien d’édifices publics. Ce dernier est dirigé par un conseil d’administration formé en parts égales de représentants patronaux et syndicaux provenant du domaine. Il a comme mission d’assurer que le décret est bien respecté, offrant ainsi une protection exemplaire des droits des travailleuses et des travailleurs.

Le décret sur le personnel d’entretien d’édifices publics détermine les conditions de travail minimales des employés, notamment le salaire, les vacances, les congés de maladie et les régimes d’épargne collectifs.

Notons que ce décret ne concerne que les employeurs qui effectuent des travaux d’entretien pour les édifices publics et ses employés. Ainsi, les propriétaires de bâtiments publics qui ont leurs propres employés d’entretien n’y sont pas soumis.

Des conditions de travail concurrentielles

L’entretien est un excellent poste d’entrée sur le marché du travail québécois. Le taux horaire des salariés est déterminé selon la classe des travaux à accomplir.

Les travaux lourds de classe A comprennent entre autres le lavage des murs, des vitres et des plafonds, le traitement des planchers et l’évacuation des ordures. Les employés effectuant ces types de tâches obtiennent une rémunération horaire de 18,07 $ à l’entrée.

Les travaux légers de classe B incluent l’époussetage, le balayage, le lavage des taches et l’entretien des salles de toilettes. Ces préposés à l’entretien sont rétribués à partir de 17,60 $.

Les travaux en hauteur de classe C englobent notamment le lavage des vitres sur des échafaudages et toute tâche qui nécessite d’être attaché. Ils sont rémunérés à 18,65 $.

Les heures supplémentaires sont payées à temps et demi. Après la première année, l’employé en entretien ménager bénéficie de trois semaines de vacances payées et il obtient deux semaines supplémentaires après cinq ans.

L’horaire de travail, généralement en soirée, est idéal pour les gens qui souhaitent faire un retour aux études, pour les nouveaux arrivants qui doivent obtenir leurs équivalences avant de pouvoir pratiquer dans leur domaine ou encore les personnes qui veulent un travail d’appoint de quelques heures.

L’entretien ménager : un métier à revaloriser

Malgré ces conditions avantageuses, les métiers dans le domaine de l’hygiène et de la salubrité bénéficient de très peu de valorisation auprès du grand public et sont souvent la cible de plusieurs préjugés. L’industrie du nettoyage est donc confrontée à des problèmes de recrutement, de fidélisation et de maintien dans l’emploi.

Or, ces employés réalisent des tâches laborieuses essentielles au succès et à la réputation de toutes les entreprises et organisations.

En terminant, citons monsieur Raymond Larcher, président de l’Union des employés de service (UES-800-FTQ) :

« Tout le monde souhaite travailler, magasiner, voyager, se restaurer dans un environnement propre. Peu de gens, toutefois, reconnaissent le travail laborieux accompli par les préposés à l’entretien ménager. »

Voilà qui porte à réfléchir !